Par Dmitry Orlov − Le 17 Mai 2026 − Source Club Orlov

Les États-Unis ont une longue et fière tradition d'assassinat ou d'élimination des dirigeants qui ne leur plaisent pas. En près de quarante ans, leurs agissements sont passés d'une apparence de légalité à une véritable soif de sang et à la barbarie.
Observez la tendance :
- Ceux qui sont assez âgés se souviennent peut-être comment, en 1990, Bush père a tourmenté le petit pays d'Amérique centrale qu'est le Panama sous prétexte de lutter contre le "trafic de drogue", mais en réalité pour atténuer son "image de mauviette". Les troupes américaines ont tué plusieurs centaines de Panaméens et causé d'importants dégâts matériels dans le but de capturer Manuel Noriega, un agent de la CIA. Noriega a ensuite purgé une peine de 17 ans à Miami, en Floride.
- En 1999, sous Clinton, les Américains ont bombardé la Yougoslavie puis laissé le président Slobodan Milošević mourir en prison de problèmes de santé non soignés. Dès lors, on ne faisait déjà plus guère semblant de lui offrir justice ou un procès équitable.
- En 2003, sous Bush fils, les États-Unis ont envahi l'Irak, mis en place un régime fantoche et pendu le président Saddam Hussein. L'exécution de Hussein a été retransmise en direct à la télévision. Le fait qu'il ait été pendu plutôt qu'enterré vivant, brûlé sur le bûcher ou livré aux bêtes sauvages témoigne de l'humanisme indéfectible des États-Unis.
- En 2011, sous Obama, les bombardements de la Libye ont commencé, suivis de la torture publique brutale et de l'assassinat de Kadhafi, accompagnés du rire hystérique, devant les caméras, de la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton. "Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort !", s'exclama-t-elle.
- Le 3 janvier 2026, le monde entier a vu le président vénézuélien Maduro capturé par les Américains et emmené menotté, accompagné de son épouse de 69 ans, Flores, également menottée et avec un hématome couvrant la moitié de son visage. Le lendemain, Maduro a été conduit à travers New York dans un fourgon ouvert sous les acclamations de la foule. Étant donné qu'il a été inculpé de crimes en vertu de lois américaines qui ne s'appliquent pas au Venezuela, lui et son épouse sont, en substance, des victimes d'enlèvement.
- Le 26 février 2026, en plein milieu des négociations entre les États-Unis et l'Iran, les forces américaines ont assassiné le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei. Quatre autres membres de sa famille, dont sa petite-fille âgée d'un an, ont également été tués lors de la frappe aérienne. Les États-Unis sont donc passés des assassinats politiques à l'assassinat de chefs religieux.
Pourquoi les Américains agissent-ils ainsi ? Assassiner des dirigeants nationaux est peut-être le moyen le moins efficace de résoudre les problèmes politiques. Une réponse à cette question a été donnée il y a quelque temps par le journaliste Michael Bohm : "Parce que nous le pouvons." C'est la même raison pour laquelle un chien se lèche les testicules : parce qu'il le peut. Les États-Unis enregistrent systématiquement un taux de meurtres 5 à 7 fois plus élevé que celui des autres nations développées et riches. C'est simplement quelque chose que les Américains aiment faire, voyez-vous.
Pour être honnête, les Américains peuvent assassiner, et assassinent effectivement, bon nombre de leurs propres dirigeants :
- 1865 : Abraham Lincoln
- 1881 : James A. Garfield
- 1901 : William McKinley
- 1963 : John F. Kennedy
La liste des tentatives d'assassinat est également impressionnante :
- 1835 : Andrew Jackson
- 1912 : Theodore Roosevelt
- 1933 : Franklin D. Roosevelt
- 1950 : Harry S. Truman
- 1975 : Gerald Ford (deux fois !)
- 1981 : Ronald Reagan
- 2024-2026 : Donald Trump
Note du Saker Francophone
Depuis quelques temps, des gens indélicats retraduisent "mal" en anglais nos propres traductions sans l'autorisation de l'auteur qui vit de ses publications. Dmitry Orlov nous faisait l'amitié depuis toutes ses années de nous laisser publier les traductions françaises de ses articles, même ceux payant pour les anglophones. Dans ces nouvelles conditions, en accord avec l'auteur, on vous propose la 1ere partie de l'article ici. Vous pouvez lire la suite en français derrière ce lien en vous abonnant au site Boosty de Dmitry Orlov.
Dmitry Orlov
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Il vient d'être réédité aux éditions Cultures & Racines.
Il vient aussi de publier son dernier livre, The Arctic Fox Cometh.
Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone
Donald Trump est un cas particulier, car une partie considérable de la population américaine souffre d'un certain trouble psychiatrique appelé "syndrome de dérangement anti-Trump". Ces personnes aimeraient beaucoup le voir mort, à tel point qu'une certaine artiste du nom de Cathy Griffin a même posé avec un mannequin en papier mâché représentant la tête ensanglantée et coupée de Trump.

Juste pour être sûr de ne pas être mal compris : je ne suis pas favorable à l'assassinat de qui que ce soit. Je prends le premier commandement ("Tu ne tueras point") au pied de la lettre. Mais en ce qui concerne la condamnation des meurtres commis par d'autres, j'adhère à l'avertissement "Ne jugez pas, de peur d'être jugés" (Matthieu 7:1)
En 2026, un soi-disant assassin a réussi à entailler l'oreille de Trump. Certains disent que tout cet événement n'était qu'une mise en scène soigneusement orchestrée dans le cadre de la campagne électorale ; peut-être que dans un demi-siècle, nous connaîtrons la vérité, peut-être pas. Le fait est que la tentative d'assassinat a échoué.

Depuis lors, deux autres assassins malchanceux ont tenté leur chance, en vain. Compte tenu de l'état des services secrets, assassiner Trump devrait être une tâche assez facile ; et pourtant, il est toujours en vie. Pourquoi ?

Je crois qu'à un moment donné, Dieu a actionné un interrupteur sur l'Amérique. Elle est passée d'une "nation du tout est possible" à une "nation de l'impossible". Depuis lors, elle est incapable d'élire, voire de désigner, quiconque présentant un tant soit peu de compétences pour la présidence (Biden et Trump étaient et sont clairement inaptes à exercer cette fonction, et Mme Clinton n'aurait pas fait mieux). Les États-Unis n'ont pas réussi à remporter une guerre par procuration contre la Russie (en Ukraine), une guerre commerciale contre la Chine ou une confrontation militaire directe avec l'Iran. C'est une triste situation, mais c'est ainsi.
Si les Américains devaient se demander "Pourquoi Trump est-il toujours notre président ?", la réponse est claire : "Parce que vous ne pouvez rien y faire", voilà pourquoi !
