27/07/2026 reseauinternational.net  2min #321438

 Loi fin de vie : le forcing législatif - avec Eric Mercier et Valérie Ferrier, journaliste

Différentes dimensions de l'Euthanasie

par Marie-France de Meuron

À l'heure où l'on veut tout légiférer, il est dans l'ordre des choses qu'on en vienne à aborder une loi sur l'euthanasie. Toutes les réflexions que l'approche de cette approche suscite ont l'avantage de nous réveiller quant à sa signification profonde.

L'étymologie grecque signifie heureuse mort. Comme le trépas est une suite inéluctable de l'existence, peut-on lui concocter une fin heureuse pour elle-même ? Elle est plutôt la résultante d'un cheminement vers le bonheur construit pendant toute une vie.

Avec la mentalité actuelle, on voudrait parachuter une fin de vie "heureuse". Selon quels critères ? L'accélérer semble en être un.

En réalité, les diverses facettes traitées montrent que différents acteurs sont concernés, et pas seulement le malade ! La définition d'heureuse mort devient alors plutôt celle de la mort abrégée, que ce soit au profit du bien-être physique du patient qu'à celui des proches pour qui le déclin est pénible ou encore pour les finances publiques qui sont à bout de souffle.

Ainsi, on en oublie que le trépas (le pas à travers) a un sens et que le vrai accompagnement se fait pour aider le patient à le vivre le plus directement possible en se libérant de ce qui le retient encore sur terre.

Ainsi, j'ai accompagné des cancéreux dont le corps montrait nettement qu'il n'en pouvait plus mais dont l'âme avait encore quelque chose à vivre sur terre.

Avec la personne aimante qui les entourait, nous cherchions le lâcher-prise qui permettrait de prendre le chemin direct vers l'au-delà. Il était chaque fois très personnel et dès qu'il était monté en surface, la personne pouvait rapidement s'en aller en paix.

À l'inverse, la souffrance des agonisants peut être une résistance à libérer des sentiments enfouis depuis longtemps car l'appel des symptômes de la maladie (= le mal a dit ou l'âme a dit) n'a pas été entendu jusque-là.

De même que la vie est très personnelle, ainsi le trépas est propre à chacun et la véritable aide consiste à accompagner le mourant selon sa propre dynamique, faire au mieux et ne pas s'illusionner qu'on peut procurer une "heureuse mort" arbitrairement.

 Marie-France de Meuron

 reseauinternational.net