
Par Strategic Culture Foundation, éditorial du 29 mai 2026
Un tournant sinistre et décisif s'est produit dans le conflit qui oppose l'Occident à la Russie.
Le meurtre de 21 étudiantes russes dans une école de formation des enseignants la semaine dernière a constitué un événement tragique aux implications graves et de grande portée. Un tournant sinistre et décisif dans le conflit entre l'Occident et la Russie vient de se produire.
Les victimes étaient principalement des jeunes filles âgées de 14 à 18 ans, tuées lorsque leur foyer universitaire à Starobelsk, dans la région de Lougansk, a été attaqué dans la nuit du 22 mai.
Ce qui en dit long, c'est que l'Occident dans son ensemble n'a manifesté aucun remords ni aucune retenue face à ce crime, allant jusqu'à nier toute responsabilité et à bafouer la mémoire des victimes. Les auteurs de ces actes font preuve d'un mépris obscène de la loi et d'un sentiment d'impunité immonde.
L'attaque a mobilisé 16 drones qui ont frappé le collège en trois vagues successives. Il ne fait aucun doute que cette frappe aérienne était un acte délibéré. Il s'agit donc d'un massacre de sang-froid, d'un acte de terrorisme.
Vassily Nebenzia, ambassadeur de Russie auprès des Nations unies, a déclaré :
"Le sang des jeunes gens de Starobelsk est sur les mains de l'Occident, dont les nations fournissent depuis des années au régime terroriste [ukrainien] argent, renseignements, armes et munitions, l'incitant à commettre de nouveaux crimes contre la population civile, puis le couvrant en présentant le régime de Kiev comme la victime".
Le régime néonazi corrompu de Kiev, dirigé par Vladimir Zelensky et ses acolytes, n'est qu'un acteur secondaire de ce crime. Ce régime, qui, soit dit en passant, a rendu des honneurs funéraires à un collaborateur nazi de la Seconde Guerre mondiale cette semaine, n'est que la lie du crime occidental, responsable de cette atrocité et d'autres, et en réalité de l'ensemble du conflit avec la Russie.
Plusieurs autorités internationales respectées ont souligné à maintes reprises que la guerre en Ukraine qui fait rage depuis près de cinq ans et a éclaté en février 2022, est l'aboutissement d'une politique à long terme visant à mettre la Russie en conflit avec l'OTAN. Les professeurs John Mearsheimer, Jeffrey Sachs, Alfred de Zayas, entre autres, ont expliqué de manière convaincante comment ce conflit en Europe - le plus important depuis la Seconde Guerre mondiale - a vu le jour.
Le régime de Kiev a été armé jusqu'aux dents par les États-Unis et leurs partenaires occidentaux, financé par Washington et l'Union européenne, et dirigé par les services du renseignement militaire de l'OTAN. Les attaques contre des centres civils russes n'auraient pu avoir lieu sans le soutien direct de l'"Occident collectif".
Plus récemment, l'Union européenne, qui s'est imposée comme la branche politique et financière de facto de l'OTAN, a intensifié son financement et sa coordination des armements de drones pour le régime de Kiev. La Grande-Bretagne est aussi devenue un important fournisseur de technologie de drones ukrainienne, tandis que les États baltes et la Finlande servent de bases de lancement pour des frappes plus profondes en Russie.
Un crash de drone en Roumanie cette semaine a suscité de nombreuses condamnations théâtrales de la Russie, présentée comme le coupable idéal. Compte tenu de la multiplication des drones opérant depuis les États de l'OTAN, il est toutefois plus probable que l'incident roumain ait été causé par un tir ami ou une provocation ukrainienne sous faux drapeau. La couverture médiatique occidentale, particulièrement virulente en accusant la Russie d'être à l'origine de ce drone "imprudent", est également révélatrice, surtout si on la compare à la couverture négligeable accordée par ces mêmes médias au massacre de Starobelsk quelques jours auparavant.
Les États européens membres de l'OTAN sont en réalité en train de devenir la Luftwaffe du régime de Kiev. Comme l'a averti cette semaine l'envoyé russe auprès de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, Dmitri Polyansk, les tambours de guerre résonnent de plus en plus fort à travers le continent. Des responsables politiques européens comme le chancelier allemand Friedrich Merz appellent à un renforcement des troupes de l'OTAN le long des frontières russes, tandis que la prétendue chef de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, dénigre la diplomatie de paix avec la Russie en la qualifiant de "piège du Kremlin".
Alfred de Zayas, professeur de droit international à l'École de diplomatie de Genève et ancien expert indépendant de l'ONU, a livré l'analyse suivante à Strategic Culture Foundation concernant la coalition de l'OTAN. Il a déclaré qu'il est désormais urgent d'admettre qu'il s'agit d'une "organisation criminelle" au sens des jugements de Nuremberg rendus en 1946 contre les criminels de guerre nazis, lorsque l'agression a été définie comme le crime de guerre suprême.
De Zayas note que l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord a été fondée il y a près de huit décennies, en 1949, soi-disant pour défendre l'Occident contre l'Union soviétique. L'Union soviétique ayant cessé d'exister en 1991, tout comme son bloc militaire du Pacte de Varsovie, l'OTAN aurait également dû être dissoute à cette époque.
"L'OTAN est passée d'une alliance défensive à une coalition de guerre ayant commis des crimes odieux depuis les années 1990 en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie et ailleurs", a-t-il déclaré. "Alors que les forces de l'OTAN ont, depuis les années 1990, commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, ce qui compte aujourd'hui, c'est que l'opinion publique mondiale considère l'OTAN comme une menace pour la paix et la sécurité de l'humanité".
Depuis la fin de la Guerre froide, l'alliance militaire dirigée par les États-Unis a plus que doublé le nombre de ses États membres, qui s'élève aujourd'hui à 32, dont plusieurs sont limitrophes de la Russie. En vertu de la Charte des Nations unies, les organisations de sécurité régionales sont censées être subordonnées au Conseil de sécurité de l'ONU. Mais le bloc de l'OTAN se croit au-dessus des lois. C'est une force hors-la-loi qui attaque d'autres nations à sa guise, comme c'est le cas actuellement avec la Russie.
De Zayas déclare :
"Ce n'est pas une organisation régionale légitime au sens de l'article 52 de la Charte des Nations unies, car elle agit à l'encontre des objectifs et des principes de l'ONU et a commis sans relâche des crimes d'agression, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité".
Le massacre d'étudiants à Starobelsk et les nombreuses autres victimes civiles des attaques de drones de l'OTAN sur le territoire russe témoignent de la nature terroriste de l'OTAN.
De Zayas ajoute qu'il est également essentiel de mettre en lumière le rôle néfaste joué par les médias occidentaux contrôlés par les grandes entreprises. Les médias ont systématiquement déformé le conflit en Ukraine en le présentant comme une "agression russe non provoquée", tout en blanchissant l'OTAN et le régime néonazi de leurs innombrables crimes, dont le dernier en date est l'atrocité commise à Starobelsk.
"Une propagande et des opérations de communication incessantes ont convaincu l'opinion publique occidentale que l'OTAN est une organisation respectable, légitime, soucieuse de la paix et de la défense. C'est un véritable lavage de cerveau", a déclaré de Zayas."Lorsque l'endoctrinement médiatique et la propagande concernant l'OTAN seront démasqués comme étant mensongers, lorsque la perception de l'OTAN dans les pays occidentaux évoluera du positif vers le négatif, lorsque les gens se rendront compte que l'OTAN est une institution criminelle, il sera enfin possible de la démanteler. En fin de compte, l'OTAN doit être reconnue non seulement comme une organisation criminelle, vestige arrogant d'un impérialisme occidental moribond, mais aussi comme un danger mortel pour la survie de la civilisation sur Terre".
Toutes ces considérations amènent notre rédaction à tirer plusieurs conclusions inévitables : les dirigeants politiques des États-Unis et de l'Union européenne qui orchestrent cette agression néo-atlantiste via des politiques délibérées doivent également répondre des mêmes accusations. Ce sont des criminels de guerre.
Les médias occidentaux à la solde de la propagande de guerre et des crimes de guerre sont également passibles de poursuites pour complicité dans ces crimes.
Il est désormais clairement établi que la Russie est en guerre contre un Occident collectivement agressif et ses représentants, notamment les États-Unis, l'UE, l'OTAN et le régime de Kiev. Par conséquent, Moscou est légalement et moralement en droit de frapper les centres de décision qui ont du sang russe sur les mains. D'autant que ces décideurs occidentaux se croient à l'abri de toute sanction et s'arrogent le droit macabre de faire couler davantage de sang russe.
Traduit par Spirit of Free Speech