
par Thierry Laurent Pellet
Est ce que l'histoire du conflit au Moyen-Orient sous prétexte de volonté de stopper l'accès aux armes nucléaires de l'Iran n'est pas en fait, un écran de fumée cachant la vraie cible des conséquences des frappes iraniennes sur tous les pays de la région ?
Essayons de prendre de la hauteur en regardant la situation de manière globale, car ce n'est pas une question de petite mitraillette ou de gros missile de l'empereur Trump assis sans slip sur un nid de frelons. Nous passerons donc sur les raisons superficielles et autres chantages Epsteinien, d'autres l'ont bien invoqué avant nous et ce serait perte de temps.
C'est encore une question de survie du dollar qui est sur la table, menacé par la montée en puissance des BRICS et de leur volonté inéluctable de dédollarisation. Une cause engendrant les effets inverses escomptés car Trump ne fait qu'accélérer la chute de son propre empire. Son comportement erratique et grossier a un effet de catalyseur de cette réaction en chaîne. Les petits laquais de l'UE, tout à coup ouvre les yeux sur les intentions de domination des USA qui ont toujours été évidentes et qui aujourd'hui deviennent un tel risque de politique interne pour eux mêmes qu'ils sont obligés de surréagir, à coup d'espace aérien pseudo interdit pour oncle Sam et ses gros avions distributeur de dragées explosives. Cela peut aussi être interprété comme une ruse permettant une éjection accélérée de ce vulgaire personnage incitant le chef des croyants musulmans à embrasser son postérieur... Mais quelle erreur diplomatique, un vrai collector !
Envahir l'Iran ? Changement de régime ? Prise de l'île de Kharg (On se rappelle de l'histoire de l'île aux serpents en mer noire au début du conflit entre l'Ukraine et la Russie, aujourd'hui désertée car impossible à sécuriser). Trump aime le pétrole, c'est le seul pouvoir mondial car moteur de son l'économie, et nous commençons à peine à mesurer l'impact de la pénurie, les prochaines années risquent d'être tumultueuses en regard des destructions effectives générant une contention de marché insoutenable, cela peut même aller jusqu'à des famines, des faillites en masse amenant à des renversements de gouvernements... Tiens donc, et si c'était le but ?
La prise du Vénézuela n'était qu'une sorte d'échauffement facile dans le jardin du canard aux laquais... Le plus gros morceau restait à contrôler l'Iran par sa destruction totale, afin de couper les sources énergétiques de la Chine et de détruire le corridor sud de la Belt & Road initiative. Mais peut être avons nous oublié un effet de bord non négligeable. Les économies des pays du golfe sont dans un état épouvantable. Les Émirats Arabes Unis voient leur manne financière touristique fondre de manière inéluctable accompagnée d'une émigration massive de capitaux fuyant en Asie (Hong Kong, Singapour...), un port à l'arrêt total ce qui entraîne une perte d'exploitation de $180M par jour, un empire financier en création avorté par quelques missiles et drones sur une raffinerie et un aéroport. Le Qatar, dont la population vit de subsidiaires gouvernementaux indexés sur le gaz, n'exporte plus rien. "Adieu veau, vache, cochon" se serait acclamée Pierrette de la fable de ce cher La Fontaine. Pierrette voyant son "pot au gaz" cassé pourrait bien faire face à une population revêche poussée par la CIA à se rebeller contre un gouvernement qui a bien été incapable de protéger leur mode de vie, en faisant miroiter quelques mécanismes "démocratiques" sorti du sac des révolutions de couleurs, orange, rouge, rose... verte ? Captain America sortant son bouclier de reconstruction financière à condition qu'il soit en charge de l'administration de la distribution de lait noir sortant de la bouche de son désert... Et si cela devait devenir contagieux... Koweït, Bahreïn, Oman, tout à coup Oncle Daffy Duck contrôlerait véritablement tout le moyen orient mais surtout, deux pôles de production pétrolière mondiale et donc leurs clients, forcés d'acheter en dollar supporterait intrinsèquement la dette américaine. Et bien sûr, on ne se surprendrait pas si une grande partie de l'or stocké par ces monarchies venaient à disparaître subrepticement pour finir dans les coffres de fort Knox et permettre une ré-indexation du dollar sur l'or pour diminuer une dette insoutenable au bord de la spirale faillite.
Ceci dit la devise dollar s'appréciant, la volonté des US à se réindustrialiser prendrait un sacré coup de canif car exporter dans de telles conditions deviendrait antinomique. Mais surtout, vouloir stopper l'économie de la Chine se transformerait en une erreur fatale, qui produirait pour les USA s'ils ne peuvent pas produire pour eux mêmes ? On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre... Ce serait un shift dans la stratégie globale du canard pas si dingue (ou pas) que cela, une adaptation évolutive à la situation. En insultant Ben Salman, peut être à t-il envoyé un signal à double tranchant aux populations de la région : soit le message est compris et il amorce la déstabilisation interne de la région afin d'achever son rêve de contrôle (ce que S. Lavrov a fait comprendre à ses pairs lors de leur dernière visite à Moscou), soit cela se retourne contre lui de manière significative en coalisant tous les pays de la région (GCC) en une organisation de sécurité incluant l'Iran. L'affaire deviendrait bien plus complexe pour la bête financière de Wall Street et pour Israël. Insulter un chef d'État d'une civilisation à caractère patriarcal aurait été un dérapage épouvantablement chère en termes hégémonique et financier.
Les USA sont en train de dévier l'attention du baril de TNT sur lequel ils sont assis, celui de la dette du Private Equity qui risque d'être bien pire que ce que nous avons vécu en 2008, avec les subprimes. Tous les grands fonds, KKR, Apollo, Blackrock, Blackstone, Morgan & Stanley, JP Morgan, Barclays, UBS ont gelé leur procédure de rédemption de capitaux (remboursement aux clients) pour trois ans, ce qui se traduit par : "nous n'avons plus de liquidité". Ces fonds gèrent $6000 Mds, or la crise des subprimes exposait les banques à 800 Mds. Lorsque l'économie US va commencer à ralentir car la consommation s'effondrera du fait de l'indice CPI crevant le plafond à cause du coût énergétique, les licenciements vont pleuvoir comme durant la mousson en Asie du sud est. Les banques régionales seront contraintes par la dette de l'immobilier commercial déjà sous forte pression (taux de non occupation s'élève à 20%, or à 12% le modèle financier s'effondre et les loueurs endettés doivent abandonner l'Equity des building au profit des banques). Ceci conjugué à une moindre demande en ressource humaine du fait de l'IA, nous pourrions voir une conjonction d'évènements ressemblant à la tempête parfaite avec à bord du chalutier coulant Captain Donald finissant au fond de l'océan de l'histoire de l'hégémonie US.
L'affaire iranienne n'est pas le backup d'un Netanyahou déviant de ses responsabilités judiciaires sous fond messianique de domination de région, c'est un mal bien plus profond qui révèle la véritable nature de l'association des USA avec Israël : Le piratage de ressources pour le contrôle financier global. Trump a tué MAGA au profit de ses amis "inside traders" et a trahi son électorat, il n'est que la représentation de la deuxième face de l'état profond. Il zigzag pour sa survie politique, mais sera laminé aux prochaines élections midterms. Ce qui conditionnera la résolution du conflit entre la Russie et l'Ukraine. On voit se profiler de loin l'ombre des "Globalo-Démocrates" poussant les petits roitelets européens à déclencher un conflit majeur avec la Russie afin de justifier la fédéralisation du pays Europe 404 déjà en ruine financière et sans ressource énergétique. On peut d'ores et déjà avancer l'horloge de l'apocalypse de 60 secondes à minuit -15 secondes moins que les populations européennes, contraintes financièrement, fassent tomber la coalition Epstein de Bruxelles.
PS : Ceci n'est qu'une hypothèse, mais elle ressemble beaucoup à la réalité !