
par Xinhua
Dans la mythologie grecque, Sisyphe était condamné à la tâche éternelle de pousser un rocher en haut d'une colline, pour le voir redescendre sans cesse.
Ce mythe sert de métaphore appropriée à l'ambition contrariée de Washington au Moyen-Orient : des interventions répétées qui n'ont jamais réussi à façonner la région selon ses desseins.
De toute évidence, la guerre américano-israélienne en cours contre l'Iran est loin de répondre aux attentes initiales de Washington : une opération rapide, avec un recours limité à la force militaire, visant à renverser le gouvernement iranien actuel et, par conséquent, à renforcer son emprise sur l'une des plus importantes réserves pétrolières au monde. Peut-être la campagne menée par Washington en janvier contre le Venezuela a-t-elle, à tort, enhardi les décideurs de la Maison-Blanche.
L'administration Trump se trouve face à un dilemme évident : un retrait immédiat équivaudrait à un échec retentissant, tout en l'exposant aux conséquences de la flambée des prix du pétrole provoquée par l'impasse dans le détroit d'Ormuz ; or, la poursuite d'une offensive terrestre risque d'entraîner les États-Unis dans un nouveau bourbier au Moyen-Orient. À quelques mois des élections de mi-mandat, l'administration ne souhaite aucun de ces deux scénarios.
Il s'agit là de bien plus qu'un simple échec politique ; c'est le symptôme d'une crise identitaire plus profonde, liée aux ambitions hégémoniques mondiales des États-Unis. Depuis la fin de la Guerre froide, Washington semble s'être arrogé le droit de gouverner le monde à sa guise, ainsi que les moyens de concrétiser sa domination mondiale.
Pourtant, l'histoire du Moyen-Orient au cours des dernières décennies regorge d'exemples où plus les États-Unis ont recours unilatéralement à la force brute, plus ils exposent les limites de leur pouvoir.
Et, paradoxalement, le mythe de la moralité américaine s'est effondré. Vous vous souvenez ? Il fut un temps où Washington tentait encore de masquer ses entreprises hégémoniques sous le prétexte de promouvoir la liberté et la démocratie. Aujourd'hui, seul le pouvoir l'intéresse.
Alors que la communauté internationale s'exaspère de plus en plus de l'obsession irresponsable de Washington pour la domination mondiale, les décideurs politiques américains restent prisonniers d'un monde imaginaire qu'ils se sont eux-mêmes créé. Ils semblent avoir perdu toute capacité de réflexion sérieuse, et encore moins d'admettre que l'ère de l'unipolarité est révolue depuis longtemps.
Pourtant, Washington doit se rendre à l'évidence : bien qu'étant la seule superpuissance mondiale, elle a beau avoir le pouvoir de détruire ou de tuer, elle ne parviendra jamais à dominer le monde à l'ère de la multipolarité, tout comme Sisyphe ne peut pousser son rocher jusqu'au sommet de la colline. Et à chaque tentative de suprématie, les États-Unis s'exposent en réalité à un retour de bâton qu'ils ont eux-mêmes provoqué, se rapprochant ainsi un peu plus de leur déclin final.
source : Xinhua via China Beyond the Wall