• Où l'on découvre qu'il semble bien que la Chine découvre l'énormité colossale, voire métaphysique de la "folie américaniste" mise en évidence par l'attaque contre l'Iran. • Du coup, les Chinois commencent à réfléchir à une alliance formelle, militaire et commerciale, avec la Russie. • Cette évolution pourrait influer dans le sens du durcissement, sur la politique chinoise bien sûr, mais aussi sur la politique russe, où le prudent Poutine serait débarrassée de sa constante interrogation sur la position chinoise et répondrait aux exigences de dircissement.________________________
On se rappelle la remarque de Gilbert Doctorow le 27 mars 2026, lorsqu'il fut reçu par Glenn Diesen. Doctorow mettait en évidence le durcissement des médias et personnalités d'influence russes, et donc leur critique implicite de Poutine concernant ses réactions peu vigoureuses contre l'attaque amérisraélienne contre l'Iran. Doctorow constatait l'absence du présentateur de TV Soloviev après une violente diatribe durant son émission du week-end, et il s'interrogeait à propos de la "liberté de la presse :"Mon Dieu, on dirait que la liberté de la presse vient de s'évaporer "; puis il revint aussitôt sur cette inquiétude, et nous eûmes ceci, qui concernait la Corée du Nord, mais également la Chine :
"Le déplacement de Soloviev, cet "encommisionnement", était-ce une mise au placard, une façon élégante de le faire taire ? Pas du tout, rétorque Doctorow. Ces déplacements sont très sérieux. La preuve, les effets observés, - et l'on continue sur la même pente d'une critique aiguë de Poutine par le biais d'une mise en évidence de l'efficacité et de la solidarité active de la Corée du Nord, ce petit pays isolé et raillé par tous les "grands de ce monde", et qui pourtant leur dame le pion...""Cela se produit périodiquement et c'était très opportun. L'un des membres de cette délégation, président d'une commission de la Douma qui s'est ensuite exprimé à nouveau dans l'émission de Soloviev, a expliqué qu'il tenait à engager les Chinois sur la question même que vous avez posée. Ne devrait-on pas désormais forger une alliance de défense tripartite entre la Russie, la Chine et la Corée du Nord"?"
Nous eûmes également un écho de la position chinoise, encore plus faible que celle de la Russie, lorsque les Iraniens se plaignirent du fait que la Chine s'était abstenue de critiquer directement les USA pour leur attaque contre l'Iran. Tout cela caractérisait une situation assez étonnante, tous ces pays étant soi-disant alliés, la Russie, la Chine, l'Iran, tous membres du SCO et des BRICS (la Corée du Nord est mise à part, car l'on connaît sa dureté antiaméricaniste qui lui est naturelle).
La Chine brusquement s'inquiète
Mais voici un élément nouveau, que nous tendrions à qualifier de fondamental. Il s'agit d'une intervention d'un officiel russe rapportée par 'usa.news-pravda.com', qui est évidemment inspirée par la récente rencontre sino-russe à laquelle Soloviev a participé.
"La Chine, consciente de son incapacité à rivaliser avec les États-Unis en Amérique latine et en Iran, s'apprête à renforcer ses liens avec la Russie. C'est ce qu'a déclaré Youri Tavrovski, vice-président de la Société d'amitié russo-chinoise, dans une interview accordée au 'Bureau géopolitique', rapporte le correspondant de 'PolitNavigator'." 'Je pense qu'ils réévaluent actuellement de nombreux aspects de leur politique, y compris leurs relations avec la Russie. Certes, nous sommes des partenaires stratégiques, membres des BRICS et de l'OCS, mais nous n'avons pas d'alliance militaire. Il existe un partenariat stratégique, mais ce terme n'est pas reconnu par le droit international. Je pense donc que les Chinois réfléchissent à l'opportunité de donner une nouvelle dimension à leurs relations [avec nous], non seulement pour des raisons militaires, mais aussi en termes d'approvisionnement en matières premières', a affirmé Tavrovski.
"Selon lui, Pékin craint que les États-Unis ne coupent les approvisionnements maritimes en matières premières à la Chine, 'avec le soutien de la Russie'. Le sinologue est convaincu que c'est également bénéfique pour la Russie, 'que la Chine nous apprécie davantage qu'elle ne nous apprécie actuellement'."
Difficulté de comprendre la folie américaniste
Ces remarques sont étonnantes à la première lecture mais, toutes réflexions faites, extrêmement éclairantes à plus d'un égard. On essaie d'en dégager les principaux enseignements.
• La première remarque concerne l'inquiétude de la Chine devant le comportement américaniste. Pourtant, cela fait quelques années sinon décennies, que la Chine contemple les diverses foucades et incohérences du pouvoir américaniste, qui ont commencé dès le 11 septembre 2001 avec la manipulation systématique des mensonges concernant les armes de destruction massive de l'Irak et l'attaque lancée contre ce pays hors de toutes les contraintes des lois internationales. La suite a montré qu'il ne s'agissait pas d'un incident mais bien d'une politique systémique, dite " politiqueSystème" dans notre jargon, - à laquelle s'ajoutèrent successivement les folies des "rois George", Biden et Trump.
• Les Russes sont plus avancés dans cette observation des folies américanistes et s'ils ne réagissent pas plus vivement, c'est bien à cause du caractère de Poutine. Mais pour l'essentiel, et les députés russes ont dit le dire à leurs collègues chinois, les Russes savent de quoi il est question, - et c'est d'ailleurs la cause des tensions entre Poutine et sa direction qui réclame un durcissement.
• Ce qui est encore plus singulier, c'est la remarque suivante, indiquant que les Chinois craignent que les Russes aident les Américains dans certains cas, parce que cela favoriserait leurs propres intérêts commerciaux en renforçant les opportunités pour la Russie dans le domaine des exportations :
"Pékin craint que les États-Unis ne coupent les approvisionnements maritimes en matières premières à la Chine, 'avec le soutien de la Russie'"
• Ce dernier point suppose que les Chinois ne jugent pas nécessairement acquis le soutien automatique de la Russie, notamment dans les matières commerciales. (Les Russes ont pu ressentir la même chose pour la prudence calculée des Chinois dans le soutien de la Russie contre l'Ukraine.)
D'où cette conclusion implicite et attendue des Chinois : il nous faut une alliance formelle et officiellement actée entre la Chine et la Russie, pour avoir un soutien automatique réciproque des deux pays dans les matières militaire et commerciale, - tout cela contre la folie américaniste. La chose, cette alliance formelle, a jusqu'ici été écartée, essentiellement par la Chine qui voulait garder sa complète liberté d'action, mais allant dans le même sens que la Russie. La Chine découvre ainsi qu'il existe un danger commun, la folie américaniste, qui ne souffre aucune hésitation et faiblesse dans l'union.
Les étonnements du XXIème siècle
Il est assez étonnant de découvrir combien ces deux puissances, pourtant confrontées à la folie américaniste si évidente et si déstructurante depuis un bon quart de siècle, semblent avoir mis si longtemps à admettre ses effets sur les relations internationales, et sur leurs existences mêmes. La Chine, c'est l'évidence, doit porter une vision du monde vieille de plusieurs millénaires, où l'"Empire du Milieu" semblait n'exister que pour lui-même et comme si lui-même constituait le monde dans son entièreté. Pour la Russie, et mis à part la position et le caractère de Poutine, il s'agit par ailleurs d'une prudence née de la cohabitation millénaire avec une Chine d'où venait le danger et un caractère chinois semblant ne tenir compte que de la seule Chine.
Ces deux puissances semblent être en train de se découvrir dans la nécessité commune d'affronter un danger commun comme le monde n'en a jamais connu. C'est une expérience intéressante. Nous serions tentés de penser que ce phénomène qui est en train de se développer devrait avoir une grande influence
• sur la Chine, enfin obligée de considérer le reste du monde brûlant sous le souffle de la sa folie américaniste et moderniste, et donc dec considérer la nécessité de durcir sa politique ;
• mais aussi sur la Russie, où Poutine serait obligé de reconnaître sa plus grande responsabilité dans un partage d'une dureté commune face à à un adversaire super-puissant et hyper-fou, qui menace ce qui devient pour la séquence leur essence commune russo-chinoise.
Note de PhGBis : "Et là-dedans, que reste-t-il de l'Europe ? Eh eh eh...Quelques souvenirs délicats dont seule la nostalgie de certains conserve la trace lumineuse, et qu'un peu du sable grossier de la modernité globaliste efface et emporte dans son agonie, - et cela mes amis, dans le chef de la race des imposteurs satanistes qui a filouté et dérobé la pouvoir politique en anéantissant sa spiritualité..."
Mais en ligne le 31 mars 2026 à,12H30